La Dodécalogie[1] des particules
 
constituant la matière
 
« Ma vie a commencé au tout début des temps…
Elle est expansion toujours plus grande
 vers l’existence au-delà des temps. »
Platon le Karuna
 
« J’ai vécu quinze milliards d’années. »
Jean E. Charron[2].
 
Les tentatives de Dodécalogie qui vont suivre ont été provoquées par la lecture de l’article de Stéphane Fay, « Au cœur de la matière »[3], sur les particules qui la composent. Cet article est introduit ainsi : « Universel et global, le modèle standard s’est imposé depuis les années 1970 pour décrire les constituants de la matière et leurs interactions. » Il présente en tableau « Le monde en douze particules et trois forces ».
Les atomes, contrairement à l’hypothèse de Démocrite, se sont révélés sécables. Le noyau de l’atome est chargé de nucléons : les protons et les neutrons, eux-mêmes sécables et se décomposant en quarks.
Quelles sont les particules de ce modèle « standard » actuel composant la matière de l’indéfiniment petit à l’indéfiniment grand ?
Tous d’abord, les Fermions comprenant les leptons et les quarks, en tout 12 particules réparties en trois familles : elles constituent l’ensemble de notre monde, d’après l’auteur.
Ensuite, les Bosons : ils n’auraient existé qu’au début de la création du cosmos et n’apparaissent aujourd’hui que dans les accélérateurs de particules, lors des explosions d’étoiles ou lors de collisions de trous noirs. Il en existe également 12 également : les grains de lumière appelés Photons, les Bosons W+, W- et Z0 et 8 Gluons.
Les Bosons ont une quantité de rotation appelé spin se mesurant par des tours complets (spins entiers) alors que les Fermions ont des spins mesurés par des entiers plus un-demi. Il est impossible de mettre deux Fermions dans le même état, alors que les Bosons peuvent s’accumuler dans le même état.
 
Il nous faut comprendre ce qui est entendu par Big Bang actuellement pour spécifier les rôles de ces 24 particules et voir comment elles pourraient éventuellement s’organiser sur le principe de la Dodécalogie qui, comme chacun sait, rassemble les 12 filières de la manifestation obtenues en croisant les quatre éléments, terre – air - eau – feu avec les trois plans de déploiement de l’humain, physique, émotionnel-relationnel et mental.
Aline Kiner, parlant de tous les objets, écrit : « L’ordinateur sur lequel je compose ce texte, le bureau où il est installé, moi-même et la ville tout autour ; au-delà, les océans, la planète, les astres de notre galaxie, les étoiles du cosmos… Tous, sous l’œil du plus géant des microscopes, serions intimement semblables : assemblages variés, plus ou moins complexes, des douze même particules de matière forgées entre 10-35 et 10-12 seconde après le Big Bang ![4] ». Dans « l’incroyablement petit », « les objets sont décrits par des “champs” ayant toujours une certaine extension spatiale.[5] »
Quel est donc l’origine de notre Univers dans l’état actuel de la science ? Etienne Klein, physicien, conclut, dans cette revue, son interview ainsi : « En somme, les sciences ne saisissent jamais que des origines relatives. (…) Mieux vaut donc rester modestes, et admettre que l’origine de l’Univers – si origine il y a eu ! – demeure un mystère qu’aucune forme de discours ne peut saisir, ni celui de la science, ni celui des cosmogonies traditionnelles qui, elles aussi, commencent par “au début, il y avait…”.[6] »
Le Big Bang en effet n’est peut-être pas, même du point de vue scientifique, l’Origine de la vie, mais une origine de l’actuel univers que nous connaissons, qui a pu être décrite comme une extraordinaire symphonie cosmique. « Les théories différentes des cordes mises au point par les chercheurs sont toutes cohérentes et rendent compte de cette symphonie cosmique ; elles ont pu être unifiées en faisant appel, triomphe des mathématiques, à un espace doté non pas de quatre, ni même de six, mais de onze dimensions. Le tissu de l’univers, à cette échelle, serait constitué de spires dont l’enroulement serait très serré ; elles seraient tordues et enroulées entre elles. Vingt constantes fondamentales suffiraient à accorder cette symphonie et rendraient compte de tous les phénomènes, et leur dérèglement entraînerait la disparition de l’univers !
Cette “théorie du tout” entraîne l’existence d’univers parallèles au nôtre, en nombre indéterminé. Notre univers serait alors une membrane parmi une infinité d’autres, comme une tranche de cake dans un cake indéfini ! Chacune de ces tranches est dénommée brane[7] par les physiciens, brane étant une aphérèse de mem-brane ! La force de gravité nous paraîtrait très très faible parce que nous n’en percevrions pas toute la puissance qui s’échappe de notre univers en ondes sonores vers d’autres univers. D’après le physicien Hughes Everett, le nombre de ces univers serait de 10100, nombre qui sera d’ailleurs demain remis en cause ! Plus de big-bang à l’origine, mais un univers existant depuis toujours dans lequel les collisions possibles de branes sont amenées à se reproduire, produisant destruction et naissance de nouveaux branes.[8] »
 
C’est pourquoi, la Science initiatique, la Science révélée, d’Origine non-humaine, contenue dans la Tradition Primordiale[9] et maintenue longtemps sous diverses formes par les traditions qui en sont issues, sont d’une aide déterminante pour la Toute Compréhension de ce qu’est la VIE, réceptivité au Principe qui manifeste l’Humain véritable, comme le décrypte la Langue des Oiseaux[10]. Et lorsqu’elle se manifeste, c’est à partir du VIdE, la réceptivité à l’IDÉE ! Le TAO formule au mieux l’incompréhensible à la seule raison humaine.
Tout ne peut être qu’unifié en sortant de ce vide ! « La forme[11] est le vide (rûpa) et le vide (śûnyatâ) n'est pas différent de la forme ; et la forme n'est pas non plus différente du vide : en fait, le vide est forme. Alors, à tout objet convient la nature du vide, ils n'ont ni commencement ni fin, ils ne sont ni complets ni incomplets, c'est-à-dire ni se suffisant à soi-même, ni dépourvus d’importance propre.[12] »
Le Tao Té King ne dit pas autre chose :
« A l’origine, il y a le Rien[13] (wu) ;
   Le rien n’a point de nom.
   Du Rien est né l’Un ;
   L’Un n’a point de forme.»
 
Il y a 15 milliards d'années, les trois forces essentielles qui caractérisent tout le cosmos connu étaient encore unifiées : l’interaction forte, S, cette colle liant les électrons à l’intérieur de l’atome ; la force électromagnétique, FEM, qui rend compte de la lumière, de l’électricité et de l’attraction magnétique ; la force de désintégration radioactive, W. « Les trois forces deviennent une quand nous remontons le temps jusqu'à 10-35 seconde, quand l'énergie de l'univers était de cent mille milliards (1014) de fois l'énergie de masse du proton, et quand il n'avait que la taille d'un millième de milliardième de milliardième de milliardième (10-30) de centimètre.[14] » Cela à 1027 degrés Kelvin ! La théorie de la grande unification réunit ces trois forces à celle de la gravité à 10-43 s., l'énergie de l'univers étant 1019 GeV et la température 1032 K. L'infiniment petit produit l'infiniment grand : « Une immense tapisserie cosmique s'est tissée, composée de centaines de milliards de galaxies faites chacune de centaines de milliards d'étoiles.[15] »
Du Rien, du Vide, du Zéro, surgit le Tout dans son unité potentielle qui, quasi instantanément donne le binaire, le trinaire, le quaternaire… « Tout est Nombre » enseignait justement Pythagore !
A 10-35 seconde, lorsque l’interaction forte se détache des autres forces, électrons, quarks et gluons sont isolés et l’univers connaît une inflation fulgurante.
« … Deux gouttes de Feu se détachent de la Toute Puissance Universelle… En tombant, le choc cosmique donne lieu au Magma fusionnant et bouillonnant.
Lentement, le Feu dévore et brûle ce Monde qui vient de se créer…»[16] 
A 10-12 seconde, l’univers se refroidit, les interactions sont séparées et les quarks se configurent en protons et en neutrons. 0,01 milliseconde s’écoule et les noyaux des atomes se forment par la réunion des protons et des neutrons. Il faut 3 minutes pour que les électrons se lient aux noyaux pour constituer les atomes d’hélium et d’hydrogène et… 2 milliards d’années pour que, par gravité, les nuages d’atomes s’assemblent en étoiles et celles-ci en galaxies. Au bout de 9,2 milliards d’années naît notre système solaire !
A l’origine, la différenciation se fait quasiment dans l’instant ! L’unité crée le multiple, mais ce multiple reste unitif. Que peut signifier notre manière de mesurer le temps dans ce processus à son début ?
La science actuelle peut-elle trouver l’équation du Tout, l’équation ou la théorie qui unifierait la théorie de la relativité générale qui rend compte de l’infiniment grand et la mécanique quantique qui rend compte de l’infiniment petit ? Cela ne peut se concevoir que par l’Humain enfin pleinement réalisé qui vit Unité et non par la seule puissance du mental actuel ! Déjà voir que toutes les particules sont vivantes et orientées de manière à ce que d’elles émergent atomes, molécules, étoiles, galaxies. La vie sur terre telle que nous la connaissons est l’aboutissement d’une extraordinaire programmation qui est bien loin d’être à son aboutissement, mais qui ne pourra subvenir que si le quatrième règne, l’humain, prend conscience de l’« erreur à l’égard de l’Origine » qui a été commise, le mental égoïque ayant pris la place de la juste intuition qui devait remplacer chez l’homme l’instinct animal !
 
Revenons aux connaissances actuelles sur les particules. Les fermions, qui constituent les briques de la matière de l’univers, se partagent en leptons* insensibles à l’action forte qui assure la cohésion du noyau de l’atome et en quarks** qui ne sont jamais solitaires. Nous pouvons tenter cette approche dodécalogique : .
 
 
    Mental
Interaction forte
(3ème famille)
 
 
Quark**
TOP.
Plus lourd que le quark charm dont il est cousin.
 
Lepton*
Neutrino-Tau.
Crée en même temps que le tau. Mêmes propriétés que le neutrino-électron.
 
Quark**
BOTTOM.
Plus lourd que le quark strange dont il est cousin.
 
 
Lepton*
TAU.
Cousin de l’électron, encore plus lourd que
le muon ; très instable.
 
 
Relationnel
Interaction faible
(2ème famille)
 
 
Quark**
CHARM.
Plus lourd que le quark up dont il est cousin.
 
 
Lepton*
Neutrino-Muon.
Crée en même temps que le muon. Mêmes propriétés que le neutrino-électron.
 
 
Quark**
STRANGE.
Plus lourd que le quark down dont il est cousin.
 
Lepton*
Muon.
200 fois plus lourd que l’électron dont il est cousin.
 
 
Physique
Electro
magnétisme (1ère famille : matière ordinaire qui nous entoure)
 
 
Quark**
UP.
 Le proton, chargé positivement, en contient 2,
et un quark DOWN
 
 
 
Lepton*
Neutrino-Electron.
De masse très petite,
sans charge électrique, il interagit rarement avec l’environnement
 
 
Quark**
DOWN.
Le neutron en contient 2, et un quark UP
 
 
Lepton*
Electron.
Chargé négativement.
Les électrons, protons et neutrons, forment le noyau de l’atome.
 
 
 
 
Terre
 
Air
 
Eau
 
Feu
 

Cette tentative laisse de côté les bosons « qui n’apparaissent qu’à très haute énergie dans les accélérateurs, lors des collisions d’étoiles ou collisions de trous noirs.
[17] » Or : « Les 12 bosons de jauge assurent la transmission des forces entre les briques de matière que sont les fermions.16 » Ils sont donc indispensables et constituent alors le Ciel de la Terre constituée de fermions.
- le photon : « Grain élémentaire de lumière, vecteur de la force électromagnétique. Il relie les électrons au noyau, lie les atomes dans les molécules. 16 »
- les 3 sortes de bosons W=, W-, Z0 : « Vecteurs de l’interaction faible, responsables de certaines formes de désintégration radioactive. 16 »
- les 8 sortes de gluons16.
 
On remarque que les quarks existent par paires : le quark UP de charge électrique +2/3 et le quark DOWN de charge –1/3, les quarks CHARM et STRANGE, les quarks TOP et BOTTOM. En regroupant ensemble les 3 paires de quarks, les 3 bosons et les 8 gluons, l’ensemble des fermions et des bosons peuvent donner ce tableau :
 1 : Ils maintiennent ensemble les quarks dans les protons et les neutrons, et ces derniers dans le noyau.
2 : Grain élémentaire de lumière reliant les électrons au noyau et liant les atomes dans une molécule.
3 : Les bosons sont responsables de certaines formes de désintégration radioactive.
 
Ces tableaux pourront paraître arbitraires à beaucoup, surtout s’ils ne sont pas familiers de la dodécalogie, et sans doute le sont-ils inévitablement dans une certaine mesure. Nous faisons nôtre cette affirmation : « la Matière et l'Esprit sont une seule et même chose à des degrés différents de cristallisation[18] ». La Matière, dans sa plus infime particule, est vivante, non consciente mais orientée.
L’Illusion qu’est cette Création est extraordinaire, fabuleuse : « Mais c’est une illusion qui a une réalité aussi “tangible” que celle que nous proposait la vision objective de la science des siècles passés. L’illusion doit ici être comprise comme produite par une entité de “substance” spirituelle, puisqu’elle est une création de l’Esprit.[19] »
La science a sa raison d’être : « Toute Science est une Science de Dieu. Tout a un rapport avec l’UN[20] ».
La relativité… même généralisée, doit être dépassée puisqu’elle ne peut qu’être dans la dualité :
« Qu’est-ce que la Vérité ? c’est l’absence de dualité.
Qu’est ce que la Liberté ? c’est l’absence de relativité.
Se libérer de l’une, c’est se libérer de l’autre…
C’est pour cela qu’il est dit : LA VÉRITÉ TE RENDRA LIBRE.[21] »
 
 
 


[1] Emmanuel-Yves Monin, L’Univers en code-barres. La Grande Architecture du Tout : Dodécalogie et Transdisciplinarité, Y. Monin, 1999.
[2] Titre du livre de Jean E. Charon, J’ai vécu quinze milliards d’années, Albin Michel, 1983.
[3] Sciences et Avenir n° 162/avril-mai 2010, Infiniment Petit. Des particules aux cellules, les mystères de l’invisible, p. 18-19.
[4] Idem. Edito « Vertiges de l’invisible », Aline Kiner, Rédactrice en chef.
[5] « L’infini a le don de mettre la physique sous tension », propos d’Etienne Klein recueillis par Aza Khlatbari, Aline Kiner et Dominique Leglu, Sciences et Avenir n° 162/avril-mai 2010, p. 6.
[6] Idem, p. 11.
[7] Une brane, ou plus exactement, une p-brane est un objet étendu en théorie des cordes. Le p est le nombre de dimensions spatiales dans laquelle la brane a des extensions. Il faut rajouter à ce nombre une dimension temporelle pour obtenir le nombre de dimensions totales. Par exemple, une 1-brane est une brane à une seule dimension spatiale mais deux dimensions au total. Elles correspondent donc à des surfaces d’univers. 2-brane est une brane à une dimension temporelle et deux dimensions spatiales.
[8] Notre ouvrage : Science profane et science initiatique : http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/science-profane-et-science-initiatique.php
[9] Voir pour cela l’œuvre de René Guénon.
[10] Voir Emmanuel-Yves Monin, Hiéroglyphes Français et Langue des Oiseaux, Editions Y. Monin, (1ère édition Le Point d’Eau, 1982).
[11] F (Feu) - O (eau) - R (air) en moi, en ma Terre, décrypte la Langue des Oiseaux. Voir : Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux, op. cit.
[12] Mahâprajňâpâramitâ-Hŗdaya, texte canonique sanscrit.
[13] Rien est à comprendre ici comme absence de quoi que ce soit, et non comme l’étymologie latine l’indique res, une chose.
[14] Trinh Xuan Than, Le chaos et l’harmonie : la fabrication du réel, p. 314.
[15] Ibidem., p. 311.
[16] Karuna Platon, L’Instruction du Verseur d’Eau, Les Editions de la Promesse, 2000, La Création, p. 84.
[17] Sciences et Avenir n° 162/avril-mai 2010, Infiniment Petit. Des particules aux cellules, les mystères de l’invisible, tableau p. 19.
[18] Le Manuscrit des paroles du Druide sans nom et sans visage, Editions Y. Monin, 1990..
[19] Jean E. Charon, J’ai vécu quinze milliards d’années, Albin Michel, 1983, p. 154.
[20] Karuna Platon, Du Maître à l’Elève, Le Courrier du livre, 1968, p. 108
[21] L'Instruction du Verseur d'Eau, op. cit., p. 217.



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