Hadith du Trésor Caché[1] :
 
d’après Alâoddawleb Semnânî (Perse, 14e siècle)
 
 
« J’étais un Trésor Caché,
J’ai aimé être connu
alors J’ai créé les créatures afin d’être connu »
 
L'En-soi divin transcende toute interprétation : via negativa.
 
1/ Première descente : « J'étais un Trésor caché »
 
Le Principe descend dans l'être de la « profondeur de la Nuée » (le Principe du Principe), pour être un Trésor caché.
C'est l'acte d'être pour soi-même : l' « être » n'a pas d'autre nom que lui-même se possédant soi-même, étant pour soi-même ce qu'il est.
Là est le secret du centre de la pure Essentialité.
 
2/ Deuxième descente : « J'ai aimé être connu »
 
Cette Essence fait être des attributs essentiels qui la révèlent à elle-même (Vie).
Il est simultanément le Connaissant et le Connu, ce qui motivera la Création.
 
Il est le Vivant dans son intimité par cette connaissance de lui-même.
Il est l'Audiant sans auditeurs par la connaissance qu'Il a de la perfection et de la gloire de son être.
Il est le Voyant par la connaissance qu'Il a de sa beauté, par la vision pure de ce qui est à l'intérieur, sans impliquer d'objets extérieurs.
Il est le Parlant par la connaissance qu'il a de son mérite à être glorifié et son discours est proféré intérieurement.
 
Il est sans référence à aucun autre émané de son Impératif.
Là est le secret de l'Unitude solitaire.
 
3/ Troisième descente : « Alors j'ai créé le Monde »
 
L'Essence produit l'Emanation (Lumière).
 
Le trésor, par Amour d'être connu, crée des êtres qui le connaissent.
Les attributs opératifs manifestent ses attributs de Vie.
Les états (intransitifs) deviennent des opérations (transitif).
Là est le centre de l'unité pluralisable.
De là émanent la lumière, la vie, l'être.
 
Cette Lumière se connaît soi-même : attribut de Connaissance.
La première chose que Dieu créa fut le Calame : le Calame est la projection de l'attribut Connaissance, manifestation de la Vie. Il écrit. Le Calame est à l'Intelligence ce que l'âme est au corps.
Cette Lumière connaît l'autre : attribut de Volonté.
La première chose que Dieu créa fut mon Esprit : l'Encrier primordial est la projection de l'attribut Volonté, manifestation de la Volonté. L'Encrier est l'Esprit. L'Encrier-Esprit est à l'Intelligence ce que la Forme est pour l'homme.
Cette Lumière est connue de soi-même : attribut de Puissance.
La première chose que Dieu créa fut ma Lumière : L'Encre de Lumière est la projection de l'attribut Puissance, épiphanie de la Vision. L'Encre est la Lumière. L'Encre-Lumière est à l'Intelligence ce que la Matière est pour l'homme.
Cette Lumière est connue de l'autre : attribut de Sagesse.
La première chose que Dieu créa fut l'Intelligence : La Tablette est la projection de l'attribut Sagesse, épiphanie du Verbe. L'Intelligence supporte et recèle l'Ecriture. La substance de l'Intelligence est à la fois la quatrième figure de la tétrade Calame-Encrier-Encre-Tablette et l'unité de leur ensemble, donc la première.
 
L'Ecrivain métaphysique, avec le Calame secret et l'Encre de lumière cachée dans l'Encrier qui est l'Esprit, écrit ce qu'il y a dans sa Connaissance et que projette sa Volonté sur cette Tablette qui en reçoit les émanations de lumière successives.
 
Il n'y a ni intérieur ni extérieur, rien d'autre que « Moi Demeure infinie[2] ».
 


[1] Voir CORBIN, Henry , En Islam iranien. Tome III, chap. IV, Gallimard.
[2] Voir Karuna Platon, L’Instruction du Verseur d’Eau, op. cit.



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